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Méfiez-vous des créanciers… pas des dettes! Partie 2

Les obligations financières ça peut devenir lourd

Il important de bien prévoir le financement des premiers frais fixes comme les salaires et le loyer. Et un peu plus car il y aura toujours des dépenses imprévues. L’idée c’est d’aller chercher le maximum de dette à chaque fois que vous avez accès à du financement., mais aussi de choisir le financement le plus avantageux (en considérant les frais de dossier, conditions de remboursement et taux d’intérêts) avant de passer au financement le plus coûteux… Dans mon cas, j’ai opté pour un prêt de la BDC pour financer la mise en place de ma nouvelle usine.

Néanmoins, j’avais mal anticipé les prévisions de dépenses et je croyais pouvoir composer un certain temps avec la somme octroyée. Mais au final, il est très complexe d’essayer d’anticiper les besoins en liquidités. La maîtrise du burn rate, le décalage entre l’achat des matières et l’encaissement du produit des ventes, les termes des clients qui ne sont souvent pas respectés… Bref il faut bénéficier de liquidités pour faire face à toutes ces incertitudes et financer votre fond de roulement (sous forme de prêt ou de ligne de crédit).

J’ai donc dû faire appel au financement de risque. C’est vraiment l’ultime solution. Je l’ai appris à mes dépends lorsque j’ai contracté une créance très dispendieuse administrée par un organisme de… soutien au développement communautaire! Ce type de crédit est extrêmement couteux car le taux d’intérêt (très élevé) ne s’ajuste pas au risque de votre projet (ce qui est le cas avec un prêt de la BDC, par exemple) mais finance les (nombreux) échecs des autres projets financés par ces organismes. De plus, lorsque j’ai eu assez de liquidités et que j’ai voulu rembourser mon prêt par anticipation, on m’a imposé de fortes pénalités.

Je questionne encore aujourd’hui en quoi ce type de financement se veut en soutien à la communauté alors que mes précieuses liquidités d’entreprise en démarrage étaient consacrées à payer les frais de dossier, les intérêts abusifs et les pénalités pour le remboursement par anticipation. Est-ce vraiment rendre service aux entreprises en démarrage/vulnérables de leur proposer un financement aussi cher?

Après cela, aucune banque n’a plus voulu me financer car mes ratios étaient saturés. Si vous pensez qu’un banquier vous financera car il a confiance en votre projet, c’est faux! Tout ce qui compte ce sont vos états financiers et vos actifs personnels à mettre en garantie.

J’en ai rencontré des banquiers! Mes contacts d’affaires me suggéraient d’aller à telle ou telle banque et de rencontrer telle ou telle personne. Au final, vous serez souvent face à des robots sans marge de manœuvre. Ce fut une véritable perte de temps pour moi en plus d’être assez démoralisant. Se faire décliner à répétition pour du financement fini par blesser l’ego et ébranler la confiance que l’on a envers la viabilité de notre projet d’entreprise.

L’Ange qui vient au secours de l’entrepreneur

J’ai donc été forcée d’envisagé d’autres formes de financement qui me rebutaient : le capital de risque ou l’investisseur privé. En effet, j’ai rencontré plusieurs créanciers, des fonds d’investissement et des investisseurs privés sur mon parcours. Mais mes craintes ont toujours été de perdre mon autonomie, de devoir rendre des comptes et de sous valoriser mon entreprise. Mais lorsque la bonne situation s’est présentée, au bon moment, j’ai finalement accepté l’offre d’un Ange Financier. Coup de chance, l’affaire s’est concrétisée en juillet 2008 juste avant la crise financière de septembre 2008…

C’est lui qui m’a convaincu de m’octroyer un salaire avec une portion de son investissement : il reconnaissait l’importance de soigner l’entrepreneur qui choisit de tout investir, souvent au détriment de sa propre situation financière. C’est un sujet important, car il est souvent difficile de se payer lorsqu’on est entrepreneur. Combien doit-on se payer? Comment ne pas se sentir coupable? Ce sera le sujet d’un prochain article…

Casser le cercle vicieux

J’étais lassée de ce cercle vicieux terriblement stressant d’endettement saturé. De retenir mon chèque de paye ou des paiements, de faire des virements de dernières minutes, de me sentir au bord de la faillite en permanence, de devoir masquer la situation à mes collaborateurs, de me sentir incompétente. C’est un sentiment qui vous arrivera forcément lorsque vous créez votre entreprise avec peu de moyens. J’ai alors compris qu’il fallait me servir de l’argent de mon Ange Financier comme levier pour chercher d’autres financements.

C’est le vrai secret du financement d’entreprise! Obtenir du financement et chercher de la dette avec des liquidités que l’on garde dans l’entreprise. Surtout lorsque vous n’avez pas besoin d’argent et que la santé de votre entreprise est bonne. Allez chercher le maximum de marge de crédit qu’on acceptera de vous accorder. Cela vous servira de coussin financier pour faire face aux imprévus.
Aujourd’hui, je suis beaucoup plus sélective avec mes financements. Je m’assure toujours de pouvoir rembourser par anticipation sans pénalités. J’essaye de faire éliminer les frais de dossier et je me force toujours à chercher de la dette quand je n’ai pas besoin d’argent ou pour faire des achats d’équipements, pour ne pas immobiliser mes liquidités.

La réalité, c’est que vous porterez sans doute très longtemps le fardeau des obligations financières de votre entreprise seul, et ce, quelque soient les revenus de votre entreprise et les types d’association que vous ferez en cours de route. Vous demeurerez toujours un risque aux yeux des banques. Pour autant, la dette est un allié indispensable à la croissance. Il faut tout de même faire preuve de bon sens et mesurer sa capacité d’endettement. Soyez respectueux de vos ressources et variez les sources de financement.

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