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Souvenirs d’une «Granola Lady»

Je me souviens ma réaction lorsque j’ai entendu parler de « La Fourmi Bionique (FB) », cette nouvelle entreprise de granola avec un nom étrange. « Quelqu’un d’assez fou pour faire ce que je fais », me suis-je dis, « mérite tout le soutien que je peux lui offrir ». J’avais lancé Grandma Emily’s Granola (GEG) 5 ans auparavant, fabricant des céréales, barres et collations pour l’industrie de la restauration. FB est arrivé dans le créneau du détail. J’ai observé la présence dans les médias de Geneviève croître et remarqué ses changements d’image et d’emballage. C’était ma concurrence, mais aussi ma sœur. Un lien de parenté issu de doutes, fatigues, pressions sur la vie de famille communs, qui incombent à la myriade de défis que représente de faire tourner une manufacture dans l’alimentaire.

FB et GEG ont crû. Nous avons évolué vers le détail et FB vers la restauration. Le moment clé dans notre relation a été le jour où j’effectuais des contrôles sur nos produits en magasin. J’ai remarqué que l’emballage d’une barre de granola FB était mal scellé. J’ai acheté la barre et j’ai appelé Geneviève. C’était la première fois que nous nous parlions.

L’une des meilleures choses dans le fait d’avoir sa propre entreprise est que vous en définissez le ton. Chaque jour, j’était le Maestro, le chauffeur de toutes ces pièces mobiles qui devraient, avec une bonne gestion, fonctionner de façon harmonieuse. Tous les énoncés de missions affichés sur les murs de l’entreprise ne valaient rien si mes actions n’étaient pas en accords avec eux. Mon entreprise, mes produits, la façon dont j’interagissais avec l’équipe, les fournisseurs, les clients – tout cela était une extension de mes valeurs personnelles et très tôt, j’ai décidé que je voulais être inspiré par les valeurs d’honnêteté, d’intégrité et de générosité de ma grand-mère Emily.

Ce n’était pas une simple accroche écrite de façon désinvolte pour une campagne marketing (ce dont je n’avais pas d’argent à consacrer de toute les façon). Cela signifiait que lorsque j’ai reçu un appel pour me proposer des raisins à 0,80$/lb au lieu d’un prix honnête de marché de 1,20$/lb, j’ai décliné l’offre. Où lorsqu’une énorme commande, toute juste terminée, empaquetée et prête à l’envoi s’est trouvée potentiellement exposée à un risque alimentaire, nous avons choisi de détruire tous les produits et de repartir de zéro, plutôt que de risquer de proposer un produit loin d’être parfait.

Et même lorsqu’il a s’agit de ma concurrence, j’ai souhaité prendre cette voie et ce jour-là, je l’ai fait. J’ai dit à Geneviève ce que j’ai trouvé, comment rectifier le problème et ai souhaité son succès. J’ai partagé cette histoire avec mon équipe pour qu’eux aussi puissent être poussés à viser haut. Pourquoi avoir peur de la concurrence? Ils nous aidaient à faire croître notre catégorie et nous motivaient à innover en permanence.

La générosité est importante aussi. Même lorsque je n’avais pas d’argent, j’agissais comme si j’étais comblée, simplement débordante d’abondance. Je n’avais de cesse de répéter la phrase, « Je suis succès. Je sais que le Christ est en moi ». Vraiment. Cela m’a permis de garder le cœur ouvert, d’être généreuse et d’offrir du granola lorsque je ne pouvais pas me le permettre. Cela communiquait également la confiance et la réussite à mes clients potentiels et qui ne veut pas faire affaire avec un gagnant? Les autres étaient généreux aussi. Mon partenaire de vie a passé d’innombrables heures à concevoir et tester un nouveau four à rôtir. Sans cet équipement, l’affaire n’aurait pas pu croître.

Les gens ont un visage public, privé et secret. Réellement vivre bien et heureux, selon moi, arrive lorsque les trois sont alignés. Rien à cacher. Une vie transparente, sans fardeau à son paroxysme. Nous emballions des collations pour Kilo Solution. C’était un beau client, mais nous étions trop chers et je le savais. Après avoir vérifié auprès d’un concurrent que leur méthode de production pourrait lui faire économiser de l’argent, j’ai appelé Isabelle Huot (la propriétaire de Kilo) et ai carrément abandonné le marché. Ce genre de transparence nous a bien servi lorsqu’il a été question de vendre l’entreprise. Un acheteur potentiel voulait plus que des graphiques. Pour avoir le sentiment de faire le bon choix, il a eu besoin de passer du temps entre les murs de l’usine GEG. Une semaine d’accès sans restriction a aidé à sceller l’affaire.

Toutes ces sages décisions viennent des pléthoriques erreurs qui les ont précédés. Comme dans « Les bonnes décisions viennent de l’expérience. L’expérience vient des mauvaises décisions. » Après quelques années d’existence, j’avais six employés. Il y avait un fond de dédain entre trois d’entre-eux. J’ai essayé de mettre fin à leurs frictions plutôt que de faire avec la situation. Un jour le dédain s’est transformé en colère, leurs différences se sont transformées en véritable combat. La police est arrivée et les trois employés ont été renvoyés chez eux. Définitivement. Mon entreprise est tombée en chute libre. J’ai perdu mon chef, son assistant et mon responsable d’emballage.

On n’appelle pas ça « running a business » pour rien. Je courrais dans tous les sens, essayant de garder la tête hors de l’eau et d’atténuer les résultats de cette confrontation. Et là je suis tombée. Littéralement. J’ai glissé sur le sol en béton de la salle de production, atterri violement sur mon coccyx et ne pouvait plus bouger. Le rétablissement a pris des mois, mais je ne pouvais pas me le permettre. Il y avait des commandes à honorer. J’ai ainsi appris mon titre. J’ai appris l’importance d’avoir toutes les recettes et procédures bien enregistrées. J’ai appris l’importance de la formation croisée – au moins deux personnes pouvait occuper tous les postes. J’ai appris à mieux écouter et à ne pas fuir ma responsabilité de régler les frictions dans l’équipe avant qu’elles ne grandissent. Et j’ai grandi aussi. J’ai appris le discernement – comment recruter les bonnes personnes. Quel défi! Je n’ai pas toujours bien fait cela.

Il y a eu des moments amusants aussi. Comme lorsque j’étais en visite commerciale chez un restaurateur, assise devant un homme très bien habillé. La visite se passait bien jusqu’à ce qu’une souris coure sur mon pied. Une souris! Nous sommes tous deux entrés en action. Je me souviens de lui, dans son superbe complet bleu marine, chassant cette souris dans le couloir. Amusant! Je ne sais pas s’il a jamais réussi à l’attraper, mais j’ai obtenu l’affaire. Ou lorsque j’ai marchandé avec un potentiel fournisseur de sac en plastique, Roy de chez Clerview, a tel point qu’il m’a raccroché au nez. Quelques instants plus tard, il est apparu dans ma petite usine, a déposé les sacs cello sur mon bureau et a dit : « Voilà. Ils sont gratuits. Toute personne qui négocie autant pour une réduction de 2$ mérite mon soutien.» Et je l’ai soutenu aussi. Lorsque notre production a crû, GEG a acheté des centaines de milliers de sacs chez Clearview.

Ou ma visite chez Tootsi Impex, mon fournisseur de noix et graines, afin d’obtenir un crédit. Je n’avais aucune information de crédit mais j’avais mes trois enfants assis à l’arrière de la voiture. C’était lorsque j’avais encore une voiture. Je l’ai vendue après pour acheter un four. J’ai demandé au propriétaire Ali d’avoir une entrevue sur le parking et lorsqu’il a vu mes enfants, il a fait demi-tour et a disparu. Quelques instants plus tard, il est réapparu avec trois sucettes. J’ai eu le crédit dont j’avais besoin. J’ai promis de bien rembourser, d’être fidèle et de toujours me rappeler de son aide alors que ma seule garantie était assise sur la banquette arrière de ma Honda. Et je l’ai fait.

Et à présent, c’est fait. GEG a été vendue il y a quatre ans maintenant.

J’ai du temps maintenant pour méditer, faire de l’exercice et mettre en place des séances de méditation sonores. J’écris des livres et me rend au film de 16h le Lundi avec ma mère. Rien ne me manque pour le moment et je suis heureuse d’avoir saisi le moment et risqué tout cela. Et je suis heureuse d’avoir appelé Geneviève ce jour-là.

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